Le Plan stratégique du CAR-WEN : un guide d’action adaptable pour un réseau régional

Alors que nous œuvrons à l’établissement du Réseau Caribéen pour l’Application des Lois sur la Faune et la Flore (CAR-WEN), nous prenons des décisions qui façonneront son avenir. Quelles devraient être nos priorités lors de sa mise en place ? Quel appui le réseau devrait-il apporter aux organismes participants ? Et comment ses activités pourraient-elles évoluer à mesure que la participation, les ressources et l’expérience se développent ? Notre Plan stratégique rassemble nos réflexions sur ces questions et offre aux gouvernements et aux partenaires un point de départ pour orienter ce développement.

Nous considérons ce plan comme un guide d’action adaptable. Il propose des stratégies pour établir le réseau, développer ses opérations de base et élargir ses capacités, ainsi que des pistes d’appui externe. Ces propositions peuvent évoluer à mesure que les gouvernements participants et les partenaires définissent leurs priorités, tirent les enseignements de leur expérience et trouvent des possibilités de travailler ensemble.

Dans cet article, nous expliquons comment nous avons élaboré le plan, pourquoi nous proposons ces domaines de travail et comment ils pourraient soutenir la coopération contre la criminalité liée à la faune et à la flore dans la région élargie des Caraïbes.

Élaboration du Plan stratégique

L’élaboration du Plan stratégique a commencé en mai 2023 par une première évaluation de la criminalité liée à la faune et à la flore dans la région élargie des Caraïbes et du rôle potentiel d’un réseau régional d’application des lois. À mesure que la participation au Groupe de Travail s’est élargie, les points focaux gouvernementaux, les représentants de la société civile et les personnes apportant une expertise technique ont été invités à examiner et à affiner les stratégies en cours d’élaboration. La consultation s’est déroulée au moyen d’entretiens individuels, de discussions en petits groupes et de l’examen de versions successives, permettant au plan d’évoluer avec la communauté qu’il était destiné à servir.

Pour structurer ce travail, nous avons adopté les Standards ouverts pour la pratique de la conservation, un cadre permettant d’évaluer les problèmes, de planifier des interventions et d’en évaluer les résultats. Ce cadre s’est révélé utile, car il nous obligeait à examiner à la fois les facteurs contribuant à la criminalité liée à la faune et à la flore et la manière dont les stratégies proposées pourraient y répondre. Le processus de planification nous a ainsi incités à expliciter le raisonnement reliant les activités proposées aux résultats recherchés.

L’application des Standards ouverts a également nécessité une adaptation aux préoccupations plus larges du Groupe de Travail. Notre champ d’action englobe en effet le bien-être animal, la conservation de la biodiversité, le bien-être humain, la santé publique et l’état de droit. Notre évaluation a donc examiné la criminalité liée à la faune et à la flore en relation avec des facteurs économiques, gouvernementaux, environnementaux et sociétaux, fournissant une base pour des stratégies allant au-delà des réponses conventionnelles en matière d’application des lois.

Outre les Standards ouverts, nous nous sommes appuyés sur les Lignes directrices de l’ICCWC pour les réseaux de lutte contre la fraude liée aux espèces sauvages, publiées par le Consortium international de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages (ICCWC), ainsi que sur la boîte à outils Measuring Efforts to Combat Wildlife Crime de l’USAID. Ensemble, ces ressources ont contribué à orienter les stratégies institutionnelles et les stratégies d’intervention du plan. Les théories du changement qui en résultent décrivent comment nous pensons que ces stratégies contribueront au développement du réseau et à la réduction de la criminalité liée à la faune et à la flore. Ces attentes restent des hypothèses à examiner au cours de la mise en œuvre, les consultations et l’expérience ultérieures devant éclairer leur révision.

Dans sa forme actuelle, le Plan stratégique réunit une évaluation de la criminalité liée à la faune et à la flore dans la région élargie des Caraïbes, l’approche que nous proposons pour y répondre et 24 stratégies qui l’appuient à différentes étapes du développement du réseau. Plus précisément, le plan organise ce développement en trois étapes principales : Établissement, Opérations de base et Opérations élargies. Une quatrième étape, Appui externe, recense les contributions que des acteurs externes pourraient apporter parallèlement au développement et au fonctionnement du réseau. Dans les sections qui suivent, nous présentons ce que nous envisageons actuellement pour chaque étape et le raisonnement qui sous-tend les stratégies proposées.

Plan stratégique de la CAR-WEN. Crédit : Groupe de travail de la CAR-WEN

Établir le CAR-WEN

L’Établissement est l’étape à laquelle nous travaillons actuellement en tant que Groupe de Travail du CAR-WEN. Notre tâche immédiate consiste à développer la participation, les arrangements institutionnels et les ressources nécessaires à un réseau régional opérationnel, tout en menant des travaux pratiques susceptibles d’éclairer son développement. Six stratégies guident ce processus : Facilitation du réseau, Marketing social, Formalisation du CAR-WEN, Planification et mobilisation de fonds, Catalyse de projets pilotes et Mobilisation des parties prenantes externes.

Nos six stratégies d’établissement sont conçues pour se compléter afin d’élargir la participation, de convenir d’arrangements institutionnels et de mobiliser un appui à la coopération concrète. La facilitation et la formalisation du réseau répondent à deux besoins liés : maintenir les échanges entre les gouvernements et s’accorder sur le fonctionnement du réseau. Grâce à des réunions régulières et aux échanges avec les points focaux gouvernementaux, nous identifions les préoccupations communes, discutons des priorités et développons des possibilités de coopération. Ces discussions fournissent également une base pour l’examen du projet de Mémorandum d’Entente (MdE), non contraignant, et de la Note technique qui l’accompagne. Ces documents permettent notamment aux gouvernements d’examiner la finalité du réseau, les modalités de prise de décision et ce qu’impliquerait la participation. L’élaboration des arrangements formels est ainsi éclairée par les institutions appelées à les utiliser.

L’établissement du réseau nécessite également une compréhension et un soutien qui dépassent le cercle des gouvernements directement participants. Le marketing social et la mobilisation des parties prenantes externes y contribuent de différentes manières : notre site web, nos présentations et nos documents explicatifs font connaître l’initiative aux publics intéressés, tandis que des discussions ciblées avec les donateurs, les organisations multilatérales et les partenaires de la société civile explorent des possibilités précises de collaboration. La planification et la mobilisation de fonds contribuent à traduire cet intérêt en activités bénéficiant d’un appui. Nous développons des projets et facilitons les demandes de financement des ONG et des organismes gouvernementaux, notamment en repérant les possibilités pertinentes, en réunissant les partenaires et en préparant des propositions définissant les activités, les responsabilités et les budgets. Ce travail reflète notre attente selon laquelle la contribution du CAR-WEN dépendra en grande partie de projets menés par les institutions participantes, en complément des ressources destinées à la coordination propre au réseau.

La catalyse de projets pilotes nous permet de développer des formes d’appui utiles tout en examinant les conditions nécessaires à leur application à plus grande échelle. Par exemple, la Boîte à outils d’évaluation rapide pour les crimes liés à la faune et à la flore et l’application des lois répond au besoin d’orientations pratiques pour sélectionner et réaliser des évaluations adaptées à des besoins d’information précis. Un prototype fonctionnel a été produit ; son amélioration collaborative et les essais pilotes prévus visent à en évaluer l’application. La Plateforme Gestionnaire de Biodiversité répond au besoin connexe d’organiser et d’utiliser les informations, les outils et les processus de travail pour l’application des lois sur la faune et la flore et, plus largement, la gouvernance de la biodiversité. Elle en est encore aux premiers stades de développement, et une évaluation est prévue avant d’en élargir l’accès. Ces initiatives nous permettent d’examiner l’utilité de l’appui proposé, de repérer les améliorations possibles et de mieux comprendre l’expertise et les ressources nécessaires pour continuer à le fournir.

Ensemble, ces activités permettent à la collaboration concrète et au développement institutionnel de s’éclairer mutuellement. L’expérience acquise dans les projets peut aider à préciser ce que les participants attendent du réseau, tandis que des arrangements convenus et un financement pérenne peuvent soutenir une coopération dépassant les projets individuels. Nous envisageons donc l’établissement comme une période au cours de laquelle le rôle proposé pour le réseau est à la fois négocié et mis à l’épreuve par les premiers travaux. Après la signature du MdE, le CAR-WEN passerait pleinement aux Opérations de base, les priorités des membres et les financements disponibles déterminant l’étendue et le rythme de la mise en œuvre.

Développer les opérations de base

L’étape des Opérations de base s’appuierait sur la formalisation du réseau au moyen du MdE non contraignant pour assurer une coordination et un appui continus aux institutions participantes. L’étendue et le rythme de ce travail dépendraient des priorités des membres et des financements disponibles. Six stratégies guident l’approche que nous proposons : Établissement et gestion du réseau ; Renforcement des capacités d’application de la loi ; Promotion du changement de comportement ; Création et gestion des connaissances ; Réforme juridique, réglementaire et des politiques ; et Fourniture d’outils et prestation de services techniques.

Nos six stratégies de base relient la gestion du réseau à un appui concret pour prévenir la criminalité liée à la faune et à la flore et y répondre. Plus précisément, une Unité de Gestion dédiée aiderait les membres à convenir de priorités, à développer des projets financés et à coordonner leur mise en œuvre. Un financement de base soutiendrait cette fonction permanente, tandis que des financements supplémentaires appuieraient les projets menés avec les institutions participantes et les partenaires techniques. La création et la gestion des connaissances amélioreraient les informations disponibles pour orienter ce travail grâce aux bases de données régionales, aux rapports sur la criminalité liée à la faune et à la flore et aux collaborations de recherche envisagés. Un enregistrement et une analyse plus cohérents des infractions relatives à la faune et à la flore pourraient, par exemple, aider les membres à identifier des problèmes communs et à déterminer où un investissement conjoint serait utile.

Le renforcement des capacités d’application de la loi et les services techniques répondraient aux limites des effectifs, des ressources et de l’expertise disponibles pour enquêter sur les infractions liées à la faune et à la flore. L’amélioration de la collecte des éléments de preuve peut nécessiter une formation pratique, des équipements adaptés, des procédures de manipulation et un accès à des conseils spécialisés. Les travaux de l’African Wildlife Forensics Network montrent comment ces besoins peuvent être traités ensemble. Son guide des scènes de crime destiné aux premiers intervenants, ses supports de formation et ses recommandations en matière d’équipement rendent les connaissances spécialisées accessibles au moyen de ressources qui en facilitent l’application pratique. Pour le CAR-WEN, il s’agit d’une référence utile pour développer une assistance adaptée aux conditions de travail des praticiens, en prévoyant la continuité des conseils et l’entretien des outils fournis.

L’utilisation de ces capacités dépend également des dispositifs juridiques et institutionnels qui encadrent le traitement des affaires. Notre stratégie de réforme juridique, réglementaire et des politiques envisage donc une assistance pour repérer les faiblesses de la législation et des procédures, élaborer des réformes adaptées et soutenir leur mise en œuvre. Une expérience pertinente est celle de l’Ouganda, où l’Uganda Conservation Foundation et ses partenaires ont soutenu l’obtention de qualifications juridiques et contribué à faciliter un atelier judiciaire au cours duquel des lignes directrices sur la détermination des peines en matière de faune, de flore et de forêts ont été approuvées en vue de leur intégration aux lignes directrices nationales sur la détermination des peines pour les infractions non passibles de la peine de mort. Dans ce cas, le développement professionnel s’est accompagné d’améliorations des orientations judiciaires conduites à l’échelle nationale. Une contribution comparable du CAR-WEN dépendrait des besoins et des décisions des autorités participantes.

Parallèlement à ces activités axées sur l’application des lois, la promotion du changement de comportement s’intéresserait aux motivations et aux circonstances associées aux pratiques préjudiciables. Nous envisageons des campagnes destinées à des publics précis, la recherche éclairant le choix des messages et des partenaires chargés de les diffuser. Par exemple, l’initiative Chi de TRAFFIC au Viet Nam s’est appuyée sur des recherches concernant la consommation de corne de rhinocéros pour élaborer des messages sur la réussite et le statut social, tandis que des associations professionnelles et d’autres groupes influents ont contribué à atteindre les consommateurs visés. Cette approche pourrait éclairer l’élaboration de campagnes ciblant les achats illégaux d’espèces sauvages dans les Caraïbes. Toutefois, les publics, les motivations et les interventions appropriées devraient être déterminés localement, et l’évaluation devrait examiner si les campagnes influencent les pratiques ciblées.

Ensemble, ces stratégies établiraient une capacité permanente à définir les priorités, à organiser l’assistance et à en évaluer la contribution. Les expériences menées ailleurs offrent des ressources et des approches à examiner, tandis que les membres détermineraient ce qui convient à leur situation. Nous considérons ce travail comme une base, car ses capacités organisationnelles, informationnelles et techniques soutiendraient également les formes de coopération plus spécialisées envisagées dans le cadre des Opérations élargies.

Élargir les opérations du réseau

L’étape des Opérations élargies examine comment le CAR-WEN pourrait élargir sa contribution à mesure que les membres acquièrent de l’expérience, définissent de nouvelles priorités et obtiennent un appui supplémentaire. Six stratégies guident ce développement proposé : Développement de moyens de subsistance alternatifs ; Réhabilitation, accueil en sanctuaire et remise en liberté de la faune sauvage ; Collecte, partage et analyse du renseignement ; Opérations conjointes ; Mise en réseau nationale pour l’application des lois sur la faune et la flore ; et Surveillance et contrôle de la biosécurité.

Nous considérons ces stratégies comme un élargissement, car leur mise en œuvre peut nécessiter des capacités spécialisées, des pouvoirs opérationnels et des ressources durables dont le réseau ne peut présumer qu’il disposera. Faciliter une opération conjointe d’application des lois, par exemple, ne signifie pas disposer du personnel, des équipements et des pouvoirs nécessaires pour la mener. De même, développer un programme viable de moyens de subsistance nécessite une expertise et un appui continu qui vont au-delà de l’identification d’une autre source de revenus. Notre rôle dépendrait donc des priorités des membres, des capacités déjà présentes dans les institutions participantes et des possibilités de travailler avec des partenaires appropriés. Lorsque ces conditions sont réunies, le réseau pourrait faciliter certaines activités plus tôt, sans avoir préalablement développé lui-même toutes les capacités nécessaires.

Le partage de renseignements, les opérations conjointes et la mise en réseau nationale pour l’application des lois sur la faune et la flore illustrent ces considérations. La coopération transfrontalière dépend en partie de la capacité des organismes à organiser et à échanger des informations au sein de leurs propres juridictions. Par exemple, l’opération Thunder 2025, coordonnée par INTERPOL et l’Organisation mondiale des douanes, a réuni les services de police, les douanes et les autorités chargées de la faune et de la flore après des mois d’échanges d’informations et de préparation d’enquêtes transfrontalières. Le CAR-WEN pourrait soutenir une coopération comparable en aidant ses membres à définir des priorités communes, à renforcer la coordination nationale et à élaborer des arrangements permettant un échange sécurisé d’informations directement entre les autorités gouvernementales responsables. Conformément au projet de MdE, le rôle du réseau serait de faciliter cette coopération sans recevoir, conserver, traiter ni transmettre lui-même d’informations ou de renseignements opérationnels.

La réhabilitation, l’accueil en sanctuaire et la remise en liberté de la faune sauvage nécessitent également des installations et des soins continus qu’un réseau de coordination ne fournirait pas nécessairement directement. Une expérience pertinente existe dans la région élargie des Caraïbes : le centre de sauvetage d’ARCAS dans le Petén, au Guatemala, accueille des animaux sauvages confisqués dans le cadre d’un accord avec le gouvernement et assure leur quarantaine, leurs soins vétérinaires et leur réhabilitation, les remises en liberté étant coordonnées avec les autorités nationales lorsqu’elles sont appropriées. Cela montre comment les organismes chargés de l’application des lois peuvent travailler avec des organisations spécialisées pour répondre aux besoins de prise en charge de la faune sauvage. Le CAR-WEN pourrait contribuer à évaluer les capacités existantes, à mettre les organismes en relation avec les prestataires de soins et à élaborer des demandes de financement pour combler les lacunes identifiées. La surveillance et le contrôle de la biosécurité nécessiteraient une coopération connexe avec les autorités vétérinaires, douanières et de santé publique, en s’appuyant sur leurs systèmes existants tout en identifiant les besoins de capacités supplémentaires de surveillance, de dépistage ou de quarantaine.

Le développement de moyens de subsistance alternatifs présente un défi de mise en œuvre différent, mais tout aussi important. Former des personnes à une nouvelle activité ne permet pas d’établir si celle-ci peut leur procurer un revenu viable ou réduire leur participation à la criminalité liée à la faune et à la flore. L’expérience de Community Markets for Conservation (COMACO), en Zambie, illustre l’appui plus large qui peut être nécessaire. Son approche associe le développement de compétences permettant de gagner sa vie et l’assistance agricole à l’achat de la production des participants en vue de sa transformation et de sa vente, reliant ainsi la production aux marchés et aux engagements de conservation. Pour le CAR-WEN, soutenir de tels travaux nécessiterait des partenaires possédant une expertise en développement communautaire et en entrepreneuriat, ainsi qu’une évaluation des possibilités locales et de la faisabilité économique. Le réseau pourrait contribuer à réunir ces partenaires et à développer des projets, tandis que la mise en œuvre dépendrait d’organisations capables de poursuivre le travail dans la durée et d’en évaluer les résultats économiques et les résultats en matière de conservation.

Les Opérations élargies représentent donc un ensemble de possibilités à développer de manière sélective, selon les besoins des membres et ce que le réseau et ses partenaires peuvent raisonnablement soutenir. La distinction porte sur les conditions nécessaires à la mise en œuvre, plutôt que sur l’importance relative des stratégies. Elle met également en lumière la contribution potentielle d’organisations extérieures au réseau. La quatrième étape du plan, Appui externe, examine les contributions susceptibles d’aider le CAR-WEN tout au long de son établissement et de son fonctionnement.

Appui externe aux réseaux d’application des lois sur la faune et la flore

La quatrième étape, Appui externe, examine les contributions que les universités, les organisations de la société civile, les donateurs et les institutions techniques pourraient développer parallèlement aux trois étapes principales du CAR-WEN : Établissement, Opérations de base et Opérations élargies. Ces contributions pourraient également bénéficier à d’autres réseaux d’application des lois sur la faune et la flore (WEN). Six stratégies recensent les possibilités : Données probantes sur l’efficacité des opérations des WEN ; Renforcer l’autonomie des communautés gardiennes de la faune et de la flore ; Établir une École interaméricaine de la faune et de la flore ; Développer des outils de collecte et d’analyse des données sur les crimes liés à la faune et à la flore ; Adapter les Standards ouverts pour soutenir les opérations des WEN ; et Renforcer le financement et l’assistance technique pour les WEN.

Nos six stratégies d’appui externe répondent à des besoins qui dépassent les responsabilités et les ressources immédiates d’un réseau pris isolément. Par exemple, des recherches comparatives pourraient examiner la gouvernance, le financement et le fonctionnement de différents WEN, ainsi que les données probantes disponibles sur leur efficacité. De tels travaux pourraient aider à distinguer les arrangements utiles dans différents contextes de ceux qui dépendent de circonstances institutionnelles particulières. Les résultats pourraient également éclairer les décisions des donateurs en matière de financement et d’assistance technique. Le plan propose donc à la fois de renforcer la base de connaissances et d’examiner des mécanismes d’appui partagés, notamment la possibilité d’un fonds international pour les WEN. Il s’agit de possibilités d’initiative et de collaboration pour des acteurs externes, plutôt que d’engagements que le CAR-WEN pourrait honorer seul.

La formation professionnelle constitue un autre domaine dans lequel une initiative commune pourrait soutenir de nombreuses institutions. L’École interaméricaine de la faune et de la flore proposée réunirait des programmes d’enseignement, des formateurs, des possibilités de bourses et des sites de formation pratique dans l’ensemble des Amériques. Le Southern African Wildlife College offre une expérience pertinente du développement d’une institution régionale consacrée à l’enseignement de la conservation et à la formation professionnelle. Pour les Amériques, nous envisageons d’explorer comment les établissements d’enseignement existants, les organismes chargés de l’application des lois et les organisations de conservation pourraient contribuer à un modèle collaboratif, dont la forme serait déterminée par l’évaluation et la consultation. L’appui connexe aux communautés gardiennes de la faune et de la flore serait axé sur une participation menée localement, notamment au moyen de l’éducation, des sciences citoyennes et de la recherche-action participative, permettant aux communautés d’étudier les problèmes et d’élaborer leurs propres réponses.

Des outils et des méthodes partagés pourraient également alléger la charge que représente, pour chaque réseau, le développement indépendant de ressources. Par exemple, le partenariat SMART fournit des outils de collecte, d’analyse et de présentation des données de conservation, accompagnés de formations et d’une assistance aux praticiens. Cela montre comment un partenariat technique peut assurer le maintien de ressources utilisées par plusieurs institutions. Notre proposition d’outils de collecte et d’analyse des données sur les crimes liés à la faune et à la flore porte sur un appui comparable à des méthodes cohérentes et adaptables, avec des possibilités de s’appuyer sur les ressources existantes. L’adaptation des Standards ouverts répondrait à un besoin méthodologique connexe : élaborer des orientations reflétant mieux le travail d’application des lois sur la faune et la flore et ses préoccupations concernant le bien-être animal, la biodiversité, le bien-être humain, la santé publique et l’état de droit.

Il importe de distinguer ces propositions de notre propre mobilisation des parties prenantes. Cette mobilisation vise à établir des relations et à obtenir une assistance pour le travail du réseau ; l’Appui externe recense également des initiatives que d’autres acteurs pourraient diriger, maintenir et mettre plus largement à disposition. Le CAR-WEN pourrait y contribuer en exprimant les besoins, en participant aux recherches et aux essais et en partageant son expérience. L’avancement de propositions particulières dépendrait de l’intérêt, des capacités et des priorités des collaborateurs potentiels. Le plan fournit ainsi à la fois une base pour développer le réseau et une invitation à envisager l’appui plus large qui pourrait l’aider à fonctionner.

Un guide d’action évolutif

Ensemble, les quatre étapes du Plan stratégique du CAR-WEN décrivent comment nous envisageons d’établir le réseau, de développer ses opérations et d’encourager les contributions de partenaires externes. Elles relient le travail institutionnel déjà engagé aux propositions de coopération concrète contre la criminalité liée à la faune et à la flore dans la région élargie des Caraïbes. Elles reflètent notre évaluation actuelle de ce que le réseau pourrait apporter et de la manière dont cette contribution pourrait évoluer.

Nous considérons néanmoins ce plan comme un guide d’action évolutif. Ses priorités et ses stratégies devraient être réexaminées à mesure que les gouvernements participants et les partenaires définissent leurs besoins, acquièrent de l’expérience et rencontrent de nouvelles possibilités. Certaines activités peuvent devenir réalisables plus tôt que prévu, tandis que d’autres peuvent nécessiter une révision importante ou se révéler inadaptées. Le plan fournit une base pour prendre ces décisions ensemble, sa mise en œuvre continuant à éclairer son développement.

Nous invitons les gouvernements participants, les praticiens, les chercheurs et les partenaires potentiels à lire le Plan stratégique et à contribuer à son développement. En partageant des suggestions, des expériences pertinentes ou des propositions de collaboration, les lecteurs peuvent nous aider à affiner les stratégies proposées et à identifier des possibilités de coopération concrète. Ces contributions aideraient à faire en sorte que le développement du réseau reflète les besoins des institutions et des communautés qu’il est destiné à servir.

Sources et lectures complémentaires

A Strategic Plan for the Caribbean Wildlife Enforcement Network, version 2.1. Le plan complet, comprenant son évaluation de la criminalité liée à la faune et à la flore, l’approche proposée et les 24 stratégies qui l’appuient. Disponible en anglais.

Standards ouverts pour la pratique de la conservation, version 4.0. Le cadre qui a éclairé notre approche de l’évaluation des problèmes, de l’élaboration des stratégies et de l’évaluation des résultats. Disponible en anglais, en espagnol et en français.

Lignes directrices de l’ICCWC pour les réseaux de lutte contre la fraude liée aux espèces sauvages. Des orientations pour établir et renforcer les réseaux d’application des lois sur la faune et la flore, qui ont éclairé les étapes et les stratégies proposées dans le plan. Disponibles en anglais, en espagnol et en français.

Measuring Efforts to Combat Wildlife Crime: A Toolkit for Improving Action and Accountability. Une ressource soutenue par l’USAID pour planifier les interventions contre la criminalité liée à la faune et à la flore et en évaluer les résultats, qui a contribué à orienter notre choix des stratégies. Disponible en anglais.

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